La Grèce attire de plus en plus d'entrepreneurs internationaux qui veulent lancer une activité d'import export au carrefour de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique. Sa position géographique, les réformes fiscales récentes et l'accès direct au marché unique européen en font une destination intéressante pour structurer des échanges commerciaux internationaux. Mais au-delà de l'attrait méditerranéen, quels sont réellement les avantages fiscaux et les obligations à respecter pour y implanter sa société ?
Cet article explore les étapes principales, les formes juridiques adaptées et le cadre fiscal applicable aux entreprises d'import export basées en Grèce. Pour une vision globale de la fiscalité du pays, vous pouvez consulter le guide de la fiscalité sur la Grèce, qui détaille notamment les régimes de faveur accessibles aux expatriés et aux entrepreneurs.
Choisir la bonne forme juridique pour l'import export
Le droit grec offre plusieurs structures adaptées aux projets de commerce international. Le choix dépend du volume d'activité envisagé, du nombre d'associés et du niveau de protection patrimoniale souhaité.
Forme juridique | Capital minimum | Caractéristiques principales |
|---|---|---|
IKE (Société Privée) | 1 € | Flexible, idéale pour les PME et startups, responsabilité limitée |
EPE (SARL grecque) | 4 500 € | Structure classique pour les PME, gestion plus encadrée |
AE (Société Anonyme) | 25 000 € | Adaptée aux grands projets, conseil d'administration obligatoire |
L'IKE, introduite en 2012, est devenue la forme juridique la plus populaire chez les entrepreneurs étrangers. Elle permet une création rapide via le guichet unique électronique du GEMI (Registre Général du Commerce), avec des frais d'enregistrement compris entre 18 et 24 euros en ligne. Les associés limitent leur responsabilité à leurs apports. La gouvernance reste souple avec un seul administrateur requis.
Pour les activités d'import export qui nécessitent des échanges physiques de marchandises, les autorités fiscales exigent généralement un bureau réel situé à Athènes, au Pirée ou à Thessalonique. Ces trois villes sont les principales plateformes commerciales du pays.
Un cadre fiscal compétitif pour les sociétés commerciales
Le taux d'imposition sur les bénéfices des sociétés en Grèce est de 22 %, un niveau compétitif au sein de la zone euro. Ce taux s'applique uniformément aux sociétés résidentes sur leurs revenus mondiaux et aux sociétés non-résidentes sur leurs revenus de source grecque.
Les entreprises d'import export peuvent profiter de plusieurs leviers d'optimisation :
Déduction fiscale pouvant atteindre 200 % des dépenses de R&D pour les sociétés innovantes
Exonération des dividendes intra-UE sous la directive mère-filiale (taux de retenue à 0 %)
Taux réduit de 5 % sur les dividendes hors directive UE perçus depuis 2020
Plus-values sur cession de participations dans des filiales européennes exonérées sous conditions
Conventions de non-double imposition signées avec plus de 50 pays partenaires
Côté TVA, le taux standard est de 24 %, avec des taux réduits à 13 % (restauration, produits de base) et 6 % (médicaments, livres). Les exportations hors UE sont exonérées de TVA, et les livraisons intracommunautaires sont à taux zéro. C'est un avantage direct pour les opérateurs d'import export.
Obligations déclaratives et conformité fiscale
Une fois la société enregistrée, l'entrepreneur doit respecter un calendrier fiscal strict géré via la plateforme TAXISnet de l'AADE (Independent Authority for Public Revenue). Voici les principales obligations :
Déclarations périodiques
La déclaration d'impôt sur les sociétés doit être déposée dans les six mois suivant la clôture de l'exercice fiscal, qui coïncide généralement avec l'année civile. Les déclarations de TVA sont mensuelles ou trimestrielles selon le chiffre d'affaires. L'entreprise doit aussi soumettre ses états financiers annuels au GEMI et payer la taxe foncière ENFIA si elle détient des biens immobiliers.
Enregistrement et numéro fiscal
L'obtention du numéro fiscal AFM est la première démarche indispensable. Les sociétés étrangères sans présence physique doivent désigner un représentant fiscal local. Les entreprises qui font du commerce international hors UE doivent aussi avoir un numéro EORI pour effectuer leurs déclarations en douane.
Les pénalités de retard, notamment sur la TVA à 24 %, sont particulièrement lourdes en Grèce. Ça impose une rigueur administrative sans faille. Beaucoup d'entrepreneurs sous-estiment cette dimension avant de s'implanter.
Pourquoi la Grèce séduit les acteurs de l'import export
Au-delà de la fiscalité, la Grèce offre des atouts structurels concrets. Plus de 80 % du commerce d'importation transite par des agents ou distributeurs locaux, ce qui montre un réseau commercial mature. Le port du Pirée, développé comme hub logistique dans le cadre de la Belt and Road Initiative, renforce la connectivité avec l'Asie. Les coûts opérationnels et salariaux restent inférieurs à ceux de l'Europe occidentale, avec un salaire minimum fixé à 880 euros bruts mensuels depuis avril 2025.
Pour l'entrepreneur francophone, la convention fiscale France-Grèce garantit l'élimination de la double imposition et offre des taux préférentiels sur les flux transfrontaliers. Créer une société d'import export en Grèce est une opportunité concrète pour qui sait conjuguer ambition commerciale et discipline déclarative.
L'accompagnement par un expert-comptable local reste un investissement indispensable pour sécuriser votre implantation. Les honoraires oscillent entre 50 et 150 euros par mois. C'est peu cher payé quand on voit les pénalités possibles. Un bon comptable connaît les subtilités du système TAXISnet et peut vous éviter des erreurs coûteuses, surtout lors des premières années d'activité.